Notre culture – Chrisnovic N’Sa

Écrit par Ketsia Nkumbu
Photos gracieuseté de Chrisnovic N'Sa et prises par Claudia Grégoire

 

Notre Culture Foot, c’est l’histoire de ceux et celles qui ont grandi ici, avec cette nouvelle perception de la culture foot.  Chrisnovic N’sa est l’une de ces personnes qui façonne à sa manière son histoire avec le foot d’ici.

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Dis-moi un peu. Te rappelles-tu de ton plus vieux souvenir de foot?

J’avais neuf ans, je venais de gagner mon premier championnat avec les Boucaniers en récréatif. Je me souviens encore comment mon père était sur la ligne de touche en train de m’encourager et de me crier des instructions en me disant « vas là-bas, vas là-bas ! » et j’avais marqué deux buts cette journée-là. Il était vraiment content, et encore aujourd’hui il est toujours sur la ligne de touche de la même façon, et à chaque fois que je le vois je repense à ce moment.

Quelle est ta relation avec le foot ?

Pour moi le foot représente toute ma vie! Que les choses aillent bien ou qu’elles aillent mal, ma source de réconfort je la retrouve dans le foot. Cela me permet d’avoir la tête ailleurs, car quand je joue, ma tête est seulement là. Je me donne à 100%, je fais ce que j’aime. Je ne me casse pas la tête, ça m’apaise. Ça me permet de me défouler, bref je suis en amour, tout simplement !

T’as fait plusieurs camps de détection pour l’équipe nationale Canadienne, t’es même sous les radars de de la République démocratique du Congo, ton pays d’origine. De plus, t’as fait les jeux de la francophonie à Abidjan, et t’as tout récemment gradué de l’Académie de l’Impact. Quelles sont tes ambitions pour le futur ?

Moi ce que je souhaite et ce dont je travaille encore pour, c’est de pouvoir me rendre le plus loin possible et m’offrir cette chance de vivre du foot. Que ce soit en club de première division ou peu importe, dans des grands pays tels que l’Angleterre, l’Espagne et la France. Si on va même encore plus loin, de pouvoir jouer une Coupe du monde et de représenter une équipe nationale. Je travaille encore très fort pour que ce rêve devienne puisse se réaliser.

Chrisnovic N'sa par Claudia Grégoire

Je suis un joueur très superstitieux à la base. Pour chaque match, c’est un peu bizarre, mais j’ai des boxers spécifiques pour les matchs à l’intérieur, à l’extérieur.


Dis-moi. Quel est le joueur qui inspire ton style de jeu?

J’en ai plusieurs, mais en ce moment Je dirais N’golo Kanté, car il a un style de jeu où il court beaucoup, il travaille tout au long de ses matchs, qui n’aime pas perdre ses batailles en un contre un, et c’est de la même façon que je joue. Je me bats pour mes frères et je me donne à fond. J’aime la satisfaction que j’ai après un match de savoir que j’ai travaillé fort. J’aime également Samuel Umtiti, car il est défenseur central tout comme moi. Il a un style de jeu plus calme, il ne cherche pas à dégager la balle, mais de plutôt de relancer le jeu avec des passes précises, et c’est ce que j’aime faire également.

Quelles émotions as-tu quand tu joues ou regardes un match ?

La façon dont je me sens quand je joue un match de foot, c’est complètement fou ! C’est vrai qu’au début je suis stressé, je suis impatient et je me demande comment le match va se dérouler, mais dès la première touche du ballon, je suis dans mon monde à moi. Je rentre dans mon rythme, je suis concentré et j’essaie d’écouter ce que l’entraîneur a à me dire. Je suis bien, je suis content. Il y a tellement d’émotions, c’est difficile de les expliquer.

As-tu une routine spécifique pour tes jours de match ? 

Je suis un joueur très superstitieux à la base, pour chaque match, c’est un peu bizarre, mais j’ai des boxers spécifiques pour les matchs à l’intérieur, à l’extérieur. Bref, un peu comme mes porte-bonheurs. Aussi à chaque match j’écoute des certaines chansons durant l’échauffement, ou je publie une photo spécifique sur les réseaux sociaux avant les matchs.

Sinon, avant d’entrer sur le terrain, je lis une parole ou un verset dans la bible pour me donner de la force pour bien jouer mon match, et avant de mettre un pied sur le terrain, je lève mes mains vers le ciel en signe de gratitude pour tout ce qui a été fait dans ma vie et pour le don qui m’est donné. Finalement, je fais pied gauche, pieds droit, pied gauche, pied gauche… et c’est parti !

Tu entretiens un lien très proche avec Ballou Tabla. D’où est venu cette amitié ?

Ballou et moi nous sommes comme des frères ! On a grandi ensemble et aussi joué ensemble. Tout a commencé lorsque j’étais encore joueur pour les Boucaniers et lui il était joueurs des Jets à Pointe-aux-Trembles. C’était une grande rivalité dans le temps ! Je ne le connaissais pas vraiment au début, mais je savais que lui et moi étions parmi les meilleurs buteurs. Par la suite j’ai été le rejoindre aux Jets, et nous avons ensuite été tous les eux à Panellinios, et ce jusqu’à l’académie de l’Impact. On se connaît depuis l’âge de dix ans !

Je suis très content et très fier de lui, il est au Barca* maintenant c’est fou ! Il apprend beaucoup, en duel c’est un joueur incroyable, mais ça tout le monde le sait déjà !

Comment est-ce que vous vous maintenez cette amitié malgré la distance?

Grâce aux réseaux sociaux il est beaucoup plus facile pour nous de se parler et de se rejoindre. On se contacte l’un l’autre de temps en temps pour prendre de nos nouvelles, pour savoir un peu comment vont les choses chacun de notre côté.

On se supporte beaucoup, on se donne des conseils, il me conseille aussi sur certaines choses que je vis en ce moment que lui il a déjà vécu auparavant, et vice versa. C’est vrai que l’on a plus vraiment la chance de se voir, mais quand il est à Montréal il vient me voir, et moi quand je peux je vais en Espagne et je lui rends visite. C’est ça le concept de l’amitié en fait, c’est bien !

Définis ce que le terme “Victoire” signifie pour toi, dans la vie de tous les jours?

Pour moi, le terme victoire signifie le résultat d’une longue période de travail, après avoir travaillé dur pour son rêve et d’en voir le résultat, c’est ça en fait. De plus, Chrisnovic veut dire victoire, donc je m’approprie ce terme encore plus car je sais que peu importe ce que je traverserai, j’en sortirai victorieux.

 

*Cet article a été rédigé au mois de novembre 2018.