Le nouveau FC d'Alex

Rédigé par Hugo-Alexander Murgas-Nerio et Yvan Delia-Lavictoire
Photo Celia Spenard-Ko 

 

Extrait tiré du numéro de lancement de Victoire.

L’implantation du programme sport-études du Centre national de haute performance (CNHP) par la Fédé fût, pour certains joueurs, un point tournant durant leur carrière. Le programme regroupait une soixantaine de jeunes joueurs et joueuses étiquetés comme les espoirs de l’élite du foot québécois. J’étais l’un de ces joueurs. Aux entraînements, je regardais les plus vieux jouer, dont un certain Alexandre Surprenant. Un pied gauche magistral. 

Quand ma carrière s’est abruptement terminée, je ne savais pas quoi faire vraiment. Tout ce que je savais, c’était jouer de soccer. J’ai commencé à travailler en construction, je suis retourné travailler à la ferme, j’ai même pris un cours de vidéaste. Je sentais mon côté artistique ressortir.

Aussi brève qu’elle fût, j’ai toujours suivi sa carrière, une carrière qui l’a d’ailleurs mené à jouer avec l’Attak de Trois-Rivières, l’Impact de Montréal et le FC Edmonton, jusqu’au jour où elle a abruptement pris fin. On s’était croisés il y a quelques années sur St-Laurent, à 3h du mat. Depuis le temps qu’on s’était vus, je m’étais toujours demandé ce qu’il devenait. J’avais vu qu’il avait lancé son atelier de chapelier. Alexandre Surprenant, de latéral gauche à chapelier. Je devais visiblement m’asseoir avec lui pour rattraper toutes ces années perdues.

Son atelier situé sur la rue Amherst est modeste, sobre, paisible. Il m’accueille avec le plus grand des sourires, comme la fois où s’était croisés aux petites heures du matin.

Il s’excuse. « Désolé, c’est le bordel ici », me dit-il. Il vient juste d’y emménager avec sa copine et associée, Mélodie Lavergne, qui occupe un rôle essentiel dans sa nouvelle vie. Il faut que je lui demande. Comment est-ce que le gars au pied gauche magistral est aujourd’hui devenu un chapelier?

Ce nouveau projet est, pour Alex, une autre façon de vivre une passion, une passion qu’il doit développer en redoublant d’ardeur.