De Charlesbourg à Alger

Écrit par Yvan Delia-Lavictoire
Photo prise par Celia Spenard-Ko

 

Une fille née à Tunis de parents algériens, qui a grandi à Québec, qui a joué au soccer aux États-Unis et qui joue avec l’équipe nationale de l’Algérie aujourd’hui. Le foot est beau, n’est-ce pas?

Assia Sidhoum n’a pas une histoire comme les autres, mais ça ne l’a jamais empêché d’aller au bout de ses rêves, des rêves qui ont commencé à un jeune âge dans les parcs de Charlesbourg.

« Ça faisait vraiment longtemps que j’attendais ça. Ça ne pouvait pas arriver à un meilleur moment. Je sentais que j’étais vraiment prête mentalement et physiquement. C’est un rêve de petite fille qui se réalise. »

« Nous, on est Algériens, donc l’intérêt pour le foot a toujours été là. Mon père était entraîneur, mon frère jouait et moi, j’allais toujours aux entraînements, sans nécessairement vouloir jouer dans une équipe. Puis, à 10 ans, c’est là que j’ai eu la piqûre. »

Cette piqûre s’est vite transformée en passion, et Assia réalise rapidement qu’elle a besoin de progresser, ce qui l’amène à déménager dès l’âge de 16 ans.

« Quand je trouve que je commence à stagner, je sens que j’ai besoin de bouger. Je suis donc allée dans un prep school au Minnesota. C’est vraiment là que j’ai réalisé que mes rêves étaient à ma portée. Je côtoyais des filles qui jouaient en Suède, en équipe nationale américaine… Je me suis dit à ce moment que je voulais faire du haut niveau. »

Fast-forward au printemps 2018, où elle reçoit une invitation de la sélection nationale algérienne pour représenter le pays de ses parents. Pour Assia, c’est un sentiment joie, mais surtout de soulagement.

« Ça faisait vraiment longtemps que j’attendais ça. Ça ne pouvait pas arriver à un meilleur moment. Je sentais que j’étais vraiment prête mentalement et physiquement. C’est un rêve de petite fille qui se réalise. »

Et sa famille?

« Mes parents ca-po-taient. Je pense qu’ils capotent encore aujourd’hui. Mon frère, ma soeur aussi. Ça me fait plaisir de les voir comme ça. Mes parents m’ont toujours supporté. Même si, moi, j’ai de gros rêves, eux, ils n’ont jamais douté. C’est ça qui m’a donné la confiance de continuer. »

Certainement, le parcours d’Assia ne ressemble pas au parcours typique des joueuses, qui passent par les processus classiques. Avec le recul, elle est la première à se réjouir de son expérience, et avec raison.

« Si j’ai un conseil à donner, c’est que tous les chemins mènent à Rome. Souvent, je voyais les filles suivre le processus, étape par étape. Et moi je me disais “Ah, j’ai pas fait le CNHP [Centre national de haute performance], j’ai pas suivi ça… Mais est-ce que je veux y arriver?” J’ai pas suivi ce parcours, mais au final, j’ai quand même atteint mon but. En autant que tu crois en tes capacités, tu vas réussir. »